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Festival de Cannes

  • Livre - Cinéma – EN FIDÈLE AMITIÉ (Lettres de cinéma 1950 - 2025) de Gilles Jacob (Robert Laffont)

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    Selon Madame de Sévigné, « La lettre est un portrait de l’âme ». Les échanges épistolaires constituent plus que jamais un refuge. Ils permettent de ciseler son ressenti, d’affiner sa pensée, d’en restituer les nuances et la complexité à une époque où, souvent, tout doit être simplifié et synthétisé, pour être finalement congédié en un clic. Ils procurent aussi la liberté d’oser : les émotions, les digressions, les élans. Une lettre dessine l’âme de son auteur dans ses contours les plus subtils. « Une lettre procure un tel sentiment de liberté, de pensée, de style, de sincérité », précise Gilles Jacob dans la préface.

    Son impressionnante correspondance est l’objet de ce nouveau livre, En fidèle amitié, constitué de plus de six cents missives qui composent une véritable cartographie sensible de son existence. Elle débute par une lettre du 27 décembre 1950, adressée à Nino Frank, journaliste et dialoguiste de cinéma. Gilles Jacob a alors vingt ans et est étudiant en khâgne au lycée Louis-le-Grand. Il a fondé la revue de cinéma Raccords et lui demande un « papier ». Cela commence donc bien avant qu’il ne devienne délégué général, puis président du Festival de Cannes. Cette correspondance s’achève bien après, par une lettre de remerciement de Michael Haneke du 5 décembre 2025. Ainsi, c’est autant l’histoire du cinéma qui se dessine entre les lignes qu’une vie entière qui se déploie.

    Ses échanges avec deux cents artistes esquissent une mémoire intime du cinéma et de ceux qui le font. À travers ces lettres, Gilles Jacob dévoile les coulisses du Festival de Cannes : l’art délicat de composer une sélection scrutée par le monde entier, de convaincre les uns de venir, d’amener les autres à accepter un refus. Ces échanges ont aussi ce pouvoir rare : suspendre le temps, et nous faire revivre la magie du septième art là où « s’écrit l’histoire du cinéma ». Un festival que définit si bien Xavier Giannoli dans une des lettres : « Je pense aux lumières de Cannes, à cette électricité magique que le Festival transmet aux films, à ce rendez-vous que les cinéastes espèrent et craignent comme les amoureux des films de Truffaut. »

    Comme Laura Morante l’écrit dans une lettre, j’aurais envie de dire à Gilles Jacob : « Mais pour moi Cannes, c’est vous. » Et cela le restera.  Pendant cinquante années, ce dernier a incarné une certaine idée du festival : exigeante, élégante, profondément humaine, et il a permis qu’il devienne le plus grand festival de cinéma au monde. Un festival qu’il a fréquenté depuis 1964, « 52 fois 3 semaines, 5 ans » de sa vie, comme journaliste, comme directeur, comme président, jusqu’en 2014. Et encore un peu ensuite comme président de la Cinéfondation.

    Pourtant, en 2018, avait lieu son non-renouvellement au conseil d’administration du Festival de Cannes, après la mise en place de nouveaux statuts diminuant le nombre de sièges. Une décision d’une grande ingratitude, aussi inique qu’incompréhensible.  Ce livre permet de rappeler que « Cannes » lui « doit tant » comme le souligne Patrice Leconte après cette inélégante éviction du conseil d’administration : « Sans vous, Cannes ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Et de vous « bazarder » aujourd’hui est odieux. »

    Restent les mots. Ceux qu’il n’est pas possible d’évincer. Ceux qui demeurent altiers quand la vie chancelle. Les mots qui relient, sauvent, guérissent, subliment, permettent de s’évader de la réalité comme de la médiocrité. « Écrire, c’est vivre », écrit-il dans la préface. Oui, écrire, c’est vivre. Vivre doublement même. Intensément. Ses livres en témoignent : ils sont autant d’hommages au cinéma que d’explorations de l’écriture elle-même.

    Le 26 décembre 2011, dans un moment où la vie vacillait, après avoir écrit un article de blog sur un de ses livres, je recevais un e-mail signé Gilles Jacob. Je me souviens de la date précise parce qu’une personne qui m’était si chère avait eu, deux mois avant, le diagnostic d’un cancer qui lui serait fatal deux ans plus tard et que ce Noël avait été particulier, le lendemain illuminé par ce message dont j’avoue avoir cru d’abord qu’il était l’œuvre d’un usurpateur. C’est l’occasion pour moi de dire à quel point ces échanges, au fil des ans, ont été et sont précieux et empreints de son élégance rare. Je suis heureuse que ce livre la reflète si fidèlement.

    Si ce livre m’a autant émue, c’est en effet parce que je retrouve là la délicatesse et le souci de l’autre non feints de Gilles Jacob mais aussi parce que, au-delà de la palpitante plongée dans l’Histoire du cinéma à laquelle elles nous invitent, ces lettres questionnent notre rapport au temps. Elles le traversent. Elles lui résistent. Elles le suspendent parfois, tout en rappelant sa fuite irréversible.

    « Seulement, à rêver trop, ne passe-t-on pas à côté de la -vraie- vie ? » s’interroge Gilles Jacob dans un de ses précédents ouvrages Le Fantôme du Capitaine (Robert Laffont – 2011), dans lequel il cite aussi Tchekhov (La Mouette) : « Il faut peindre la vie non pas telle qu’elle est, ni telle qu’elle doit être, mais telle qu’elle se représente en rêve ». Chacun de ses livres (tout comme cette correspondance) me semble ainsi répondre à cette définition : un rêve comme une forme de résistance à la mélancolie et au temps assassin. Je me souviens encore du chapitre Vieillir dans Le festival n’aura pas lieu (Grasset – 2015), consacré au temps ravageur qui emporte tout, nous rappelant aux ultimes instants ou, trop tard, l’essentiel. Derrière les traits de son personnage principal, Lucien Fabas, se faufile la mélancolie de son auteur. Dans Un homme cruel (Grasset – 2016), il nous invite à un voyage à travers une vie aussi romanesque que celles des personnages que Sessue Hayakawa (ledit « homme cruel ») a incarnés. La vie tumultueuse d’une star tombée dans l’oubli. L’éternelle histoire de la versatilité du public et du succès, de la gloire éblouissante et de l’oubli tueur : une dichotomie fascinante entre l’être et l’image.

    En fidèle amitié s’inscrit dans cette continuité : un pont entre l’être et l’image, entre les œuvres et la vie, mais aussi entre les différents livres de Gilles Jacob. Des romans, des autobiographies aussi. Ainsi, ne passez pas à côté de L’Échelle des Jacob (Grasset – 2020) dans lequel il raconte la complexité d’une histoire française. Une histoire comme une autre et pourtant si singulière. Vous y découvrirez l’enfance de celui qui fut « pendant trente-huit années l’otage et l’amant du Festival de Cannes » malgré sa « timidité maladive » et son « désordre légendaire ». Mais aussi le portrait de son père, qui aurait pu être un personnage de cinéma, qu’il dépeint sans manichéisme, un homme dur malgré les souvenirs de rares éclats de tendresse de l’enfance, dont on se dit que malgré tout, il parvint à « l’aimer dans le souvenir ». On y apprend encore qu’il lui a toujours fallu se « battre pour obtenir des choses qui n’étaient pas évidentes ou qui paraissaient trop faciles à première vue. » Et, surtout, on y découvre le portrait magnifique de sa mère, et de leur « lien indéfectible, plus fort que tout ». Sans oublier les sublimes pages sur son épouse, Jeannette, dont le prénom revient si souvent dans les lettres. Une histoire française, intime mais toujours pudique. Un récit personnel mais aussi universel qui nous renvoie à nos disparus, que nous aurions toujours voulu mieux protéger, aimer, comprendre, étreindre. Et aux regrets qui, eux aussi, nous étreignent.

    Son œuvre littéraire compte aussi un incontournable Dictionnaire amoureux du Festival de Cannes ( Plon – 2021). Et son dernier livre avant En fidèle amitié, une autre forme de dictionnaire intitulé À nos amours ! coécrit avec Marie Colmant et Gérard Lefort (Grasset / Calmann-Lévy – 2024), voyage amoureux à la rencontre des actrices et acteurs français, « ode à trois voix évoquant en toute subjectivité des artistes choisis et estimés. » Des textes qui se savourent comme autant de petites nouvelles, comme une invitation à voyager dans le cinéma français, à prendre immédiatement son billet pour les films évoqués avec passion par le biais de leurs acteurs. D’Isabelle Adjani à Roschdy Zem, chaque portrait est surtout un exercice d’admiration, savoureux à lire.

    Dans sa bibliographie, dans les livres intitulés Le Fantôme du Capitaine et dans J’ai vécu dans mes rêves (Grasset – 2015), vous trouverez donc des échanges épistolaires, réels ou imaginaires. Le premier consiste en une correspondance imaginaire, une soixantaine de lettres comme autant de nouvelles là aussi, avec des destinataires, réels, comme Juliette Binoche, ou inventés, comme une marchande de chaussures inspirée par Delphine Seyrig, inoubliable Fabienne Tabard de Baisers volés. Le second consiste en un ping-pong jubilatoire constitué de caustiques échanges épistolaires entre deux rêveurs, passionnants passionnés de cinéma, Michel Piccoli et Gilles Jacob. Au gré des évocations des autres, c’est finalement le portrait de Piccoli qui se dessine. Sa liberté. Sa franchise. Sa complexité. Sa peur de paraître prétentieux. Ses blessures. Et surtout son amour immodéré pour son métier, sa passion plutôt, en opposition à ses parents, son « contre-modèle ».

    Cette fois, de lettres en lettres, c’est un autoportrait qui s’esquisse. L’enthousiasme. L’élégance. Le mystère. (« Ce qui nous lie : un certain mystère au-delà de nous-mêmes », comme l’écrit joliment Juliette Binoche). L’attention aux autres. Le souci de ne pas blesser. La bienveillante malice. La tendre ironie. « L’intelligence du cœur ». Je ne peux que souscrire aux propos de Youssef Chahine : « J’ai rarement eu l’honneur de rencontrer une personne aussi courtoise et sympathique que vous ». Mais peut-être est-ce Ludivine Piccoli qui a trouvé la meilleure définition : « royal et galopin ». Ou plus tôt encore, Jean Delannoy, dans une lettre de 1972 : « La rigueur de l’analyse et un bonheur des mots qui font mouche sans blesser. » Et Juliette Binoche, encore, qui évoque une « intelligence baignée de bienveillance ». Tout cela avec « l’impartialité stoïque d’un moine tibétain » (magnifique texte d’Alan Parker pour le 45ème anniversaire du festival) pendant ses années à la tête du festival. Ce livre ne brosse pas seulement le portrait de Gilles Jacob mais aussi des destinataires de ses lettres qui se révèlent bien souvent simples, inquiets, touchants, pétris de doutes. Comme lorsque Juliette Binoche écrit : « Je ne suis pas sûre d’avoir choisi le bon métier pour vivre une vie stable et digne des contes pour enfants. Car le rêve, je l’ai. »

    Ce qui frappe surtout, au fil des pages, c’est la manière dont Gilles Jacob répond : avec une justesse, une délicatesse et une attention devenues rares. Ce livre se lit comme un roman. Le roman d’une vie. Un voyage en « Jacobie », néologisme de sa traductrice en mandarin du Dictionnaire amoureux du Festival de Cannes, Yalun Wang. Un univers de discrétion, de malice, de sensibilité. Comme en témoigne si bien la bienveillance avec laquelle il répond à Lars von Trier (qui l’appelle… papa), incapable de venir à Cannes, dévoré d’angoisses. D’autres qui ne comprendraient pas forcément cette anxiété, dont je sais à quel point elle peut compliquer la vie, auraient asséné une réponse cinglante. Gilles Jacob répond avec une affectueuse malice, ceci : « J’ai été fasciné par votre tentative d’explication sur la façon dont vous utilisiez les forces tempétueuses et obscures qui vous assaillent parfois au profit de votre travail », « Je suis absolument convaincu que vous n’êtes pas venu dans le seul but de vous épargner un déjeuner avec moi. » De cette délicatesse témoigne aussi sa manière de dire à Adjani : « Ne soyez pas stressée avec moi au téléphone, je ne vous veux que du bien » Toujours, en filigrane, cet humour discret, cette ironie tendre qui désamorce les tensions sans jamais blesser, une forme de grâce dans l’art de répondre. Reviennent alors les mots d’Alan Parker : « La vanité, tout est vanité, surtout à Cannes. » Une vanité dont Gilles Jacob, lui, a su se tenir à distance, préférant à l’éclat superficiel la fidélité aux œuvres et aux êtres.

    Ce livre éclaire aussi l’histoire du Festival de Cannes. Quelques exemples parmi tant d’autres, passionnants. Jeanne Moreau, en 1995, qui demande quatre femmes dans le jury pour « donner l’exemple ». La polémique après la palme d’or de Kusturica dont Gilles Jacob parle là aussi admirablement : « Lui aussi suscite des explosions en mélangeant des matières détonantes (l’histoire des mentalités de son pays) et il observe le résultat d’un œil provocant ». Le drôle de chantage de Godard pour présider le jury du Festival de Cannes 2006. La sensibilité, la lucidité et l’exaltation avec lesquelles Dominique Blanc évoque son rôle de jurée. Les coulisses du prix du jury de Crash.  

    Et puis il y a ceux dont les voix sont plongées dans le silence comme Kiarostami décédé le 4 juillet 2016 à Paris. C’est l’Histoire tout court qui traverse ces lettres quand ce même Kiarostami (né le même jour que Gilles Jacob, à dix ans d’écart) évoque son pays, l’Iran, et le fait que « la violence et la brutalité dont ce gouvernement peut faire preuve sont difficilement prévisibles », ou encore quand Walter Salles évoque les attentats du 15 janvier à Paris, ou quand Gilles Jacob parle de l’assassinat d’Yitzhak Rabin ou, des années plus tard, de la pandémie de Covid-19.

    Mais surtout, comme dans chacun de ses livres, ce qui transpire, c’est l’envie de transmettre la passion du cinéma, et même tout simplement la passion du beau. Les exemples sont innombrables. Je ne veux pas vous gâcher le plaisir de la découverte. Je n’en citerai que quelques-uns. Son émotion après avoir vu Les Moissons du ciel de Terrence Malick dans une lettre de 1978 à Barry Diller, président de Paramount, pour le convaincre de donner le feu vert pour présenter le film à Cannes, qui sera finalement en compétition l’année suivante. Son admiration pour le jeu de Juliette Binoche dans Bleu : « Je pense que rarement au cinéma la traduction physique du fond du désespoir n’a été rendue à ce niveau d’intensité. » Sa jubilation à voir On connaît la chanson dont il témoigne dans une lettre à Resnais, qualifiant son film de « drame gai » et de « tragédie drôlissime ». Il nous donne envie de redécouvrir ces films, comme tous ceux de Kaurismäki, ou encore Une partie de campagne de Renoir (déjà évoqué dans ses précédents livres) ou In the mood for love dont il remarque qu’il « n’a pas pris une ride » se demandant « d’où vient le charme paisible qui se dégage de cette œuvre mélancolique. » Ou encore Quai d'Orsay qu’il éprouve tant de bonheur à revoir comme il l’écrit à Bertrand Tavernier : « Ce genre de satire proche de la réalité fait du bien et manque cruellement ». Et que dire de sa magnifique lettre à Mélanie Thierry saluant à juste titre son interprétation dans La Princesse de Montpensier ? Gilles Jacob sait traduire son admiration sans être flagorneur.

    C’est tout aussi instructif quand ce sont les cinéastes eux-mêmes qui évoquent leurs films comme Loznitsa à propos de Deux procureurs : « Lorsque j’ai conçu le film, j’ai pensé à Robert Bresson. » J’en profite pour vous conseiller (une fois de plus) de voir cet immense film, tristement intemporel, d’une intelligence rare contenue dans la perfection de chaque plan. Une fable oppressante, cruellement burlesque et glaçante qui se termine comme elle avait débuté : par la porte d’une prison qui s’ouvre et qui se referme, tel un piège inextricable. Celui du totalitarisme et de sa logique absconse, inhumaine, dédale terrifiant, déshumanisant et déshumanisé que le cinéaste ausculte avec une ironie dévastatrice. Un film d’une beauté formelle admirable qui rend la démonstration d’autant plus accablante.

    L’inélégance est parfois de mise, comme celle de Chéreau qui, bien que ravi de se voir confier la présidence du jury 2003, lors d’une interview croisée dans le bureau de Gilles Jacob, tient à dire que le Festival de Berlin est le meilleur festival de cinéma au monde. Ce n’est cependant pas ce qu’on retient, plutôt la gratitude, cette « vertu assez rare » comme l’écrit Laura Morante. Une gratitude dont témoigne la lettre de Jean Rochefort, la seule d’un membre du jury cette année-là (2003). Et l’esprit des lettres les plus réjouissantes. Celles de Françoise Sagan, Xavier Giannoli, Emma Thompson (sa grande amie qui ne participera jamais au jury…ce n’est pas faute de lui avoir proposé !), Lars von Trier, Sophie Marceau. Celle qu’il écrit à Louis Malle, remplie d’affection, en 1995, peu de temps avant sa mort. Ou encore ses échanges presque quotidiens, déchirants et tragi-comiques, avec son ami hospitalisé, Francis Boespflug.

    Au fil des pages, vous croiserez aussi Federico Fellini, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Catherine Deneuve (qui, dès 1968, après un article qu’il avait écrit, le remercie de l’avoir « comprise et devinée »), Pedro Almodovar, Stanley Kubrick, Agnès Varda, Jean-Luc Godard, Ingmar Bergman, Sergio Leone, Jean-Loup Dabadie, Steven Spielberg… Soixante-dix années de cinéma défilent ainsi, non comme une chronologie figée, mais comme un roman vivant, vibrant, où chaque lettre est une scène de vie. Des lettres aussi parsemées de passionnantes réflexions sur la vie ou l’art, comme celle de Pavel Lounguine en 1991 : « L’art aide à comprendre la vie, à mordre un morceau de cette masse visqueuse et dense, à la digérer et à se voir soi-même. »

    Beaucoup de pudeur émane de ces lettres aussi comme lors de sa dernière année au festival, quand Gilles Jacob demande à Abbas Kiarostami de présider le jury de la Cinéfondation (qu’il avait créée avec Pierre Viot en 1998) et à Jane Campion de présider le jury, écrivant alors : « Je ne veux donc pas d’adieux, mais uniquement de la joie, des amis et de l’amour du cinéma. »

    Si Gilles Jacob est toujours resté très discret sur ce qu’il pense désormais du Festival de Cannes depuis son départ, sa lettre à Thomas Sotinel est éclairante. « Aujourd'hui, accorder ne serait-ce qu'une seule place de la compétition pour d'autres motifs que la qualité artistique d'un film devient plus que jamais un coup porté au cinéma en tant qu'art, et ce, à une époque où il est en danger pour différentes raisons. Si les grands festivals ne se soucient pas de ce danger, alors ils dépériront eux aussi en même temps que l'art qu'ils prétendent soutenir. Pour des raisons faciles à comprendre, je ne souhaite pas m'exprimer publiquement. Mais veiller à l'intégrité de la compétition des grands festivals paraît une preuve de salut public ».

    Quiconque douterait encore de l’empreinte qu’il a laissée devrait écouter ceux qui lui doivent tant. Ferid Boughedir, d’abord, qui définit très bien ce qu’il a fait de Cannes : « Gilles Jacob a réussi une œuvre unique au monde : un festival qui redonne, comme il l’a si bien dit, leur dignité aux auteurs, qu’ils soient « accessibles », fous, ou expérimentaux, offrant ainsi l’exposition mondiale la plus large aux cinéastes les plus « difficiles », et qui, plus que nulle part ailleurs, est parvenu à concilier cela avec tous les aspects du cinéma, magie, paillettes, et business, permettant à tous les genres de survivre. » Mais aussi Assayas : « Sans la visibilité, l’ouverture sur le monde que vous avez donné à mes films, je n’aurais pas fait ce chemin, et j’aurais peut-être été un autre cinéaste, un cinéaste qui n’aurait sans doute pas su faire Sils Maria. » Ou encore Desplechin : « Vous avez changé ma vie. Des pieds à la tête, vous êtes un homme de cinéma. Et je ne désire rien d’autre que de m’approcher de la malice et de l’éthique qui vous ont conduit. », « C’est vous, cher Gilles, qui m’avez inventé comme cinéaste. » Ou, de nouveau, Laura Morante ; « L’amour du cinéma n’a plus le devant de la scène, comme c’était le cas quand le Festival avait votre empreinte. »

    Alors comment ne pas être révoltée et émue quand il écrit : « D'ailleurs, je ne suis pas invité, pas grave » effaçant cette inélégance du festival par une pirouette en se disant « trop vieux et trop chancelant » pour venir. Et c’est précisément là que surgit autre chose, presque en contrepoint : non pas l’amertume, mais toujours l’humour et la délicatesse plutôt que la tentation du ressentiment. Il n’oublie pas non plus celles et ceux qui œuvrent dans l’ombre, comme Nicole Petit, son assistante au Festival de Cannes, qu’il remercie saluant à la fois sa grande compétence professionnelle et la douceur de son caractère, preuve supplémentaire de cette attention aux autres, constante, essentielle.

    Et si ces lettres émeuvent autant, c’est aussi parce qu’elles révèlent une qualité devenue rare : une attention véritable aux autres. Non pas une politesse de façade, mais une écoute, une délicatesse, une justesse qui se ressentent dans le moindre mot. En miroir, elles révèlent souvent chez leurs interlocuteurs la même humanité.  Dans l’une des lettres les plus récentes, Claude Lelouch l’invite à découvrir son tout nouveau Ciné-Bistrot après avoir cru l’apercevoir sur le port de Trouville. Peu importe qu’il se soit trompé ou que ce soit un prétexte aussi malicieux que l’est son destinataire : il a pensé à lui.

    Loznitsa a raison : « Quelle belle idée, l’histoire du cinéma en lettres ! ». Mais ce livre n’est pas seulement l’histoire du cinéma en lettres, c’est aussi le portrait d’un homme qui a traversé l’histoire du cinéma, et y a tant contribué. Une leçon de cinéma, bien sûr, mais surtout une leçon de regard, d’attention, de fidélité. Le portrait d’un homme et de ceux qui l’ont côtoyé, qui apparaissent dans leur fragilité mais aussi dans leur profondeur, leur humour et leur lucidité. Une leçon de cinéma et de vie. La persistance des liens, malgré le temps, malgré les épreuves. Peut-être la meilleure définition est-elle celle dans une lettre de Labro qui avait adoré son livre La Vie passera comme un rêve : « C’est cela que je retiens, sans doute, au-delà des évènements, des lieux, des gens, - de ton ouvrage : il y a de l’amour, et il est salvateur et revigorant – face à la laideur et à la médiocrité actuelles. »

    Alors que si nombreux sont ceux qui jugent les êtres à l’aune de leur rang social, Gilles Jacob appartient à une catégorie rare : celle des personnes qui savent combien la vie est imprévisible, et que seule compte, au fond, la vérité des êtres. Cette correspondance nous rappelle à quel point l’amitié sincère est un rempart, une force « salvatrice et revigorante », « face à la laideur et à la médiocrité actuelles. » Cette phrase qui clôt une lettre adressée à l’épouse de Jacques Deray, Agnès Vincent-Deray, en 2005, deux ans après la mort du cinéaste, est particulièrement symptomatique de la sensibilité qui irrigue chaque page : « Les gens qu’on a aimés, on peut aussi les revoir en fermant les yeux ». Ou en relisant leurs lettres. Ainsi, Gilles Jacob n’a pas seulement soutenu le septième art, il a aussi veillé sur ceux qui le font, avec une élégance et une bienveillance qui font figure d’exception. L’écriture de lettres est presque un acte de résistance. Elle permet de retenir les êtres que l’on aime au bord du gouffre de l’oubli et de les maintenir dans la lumière de nos jours. C’est aussi le don de son temps et de son attention, à une époque où ils se dispersent tant.  Cette correspondance en est le témoignage. Elle nous offre le portrait d’une âme, noble et espiègle, qui fut et restera celle du Festival de Cannes, et le miroir délicat de ses fidèles amitiés, dans une passionnante plongée au cœur de l’histoire du cinéma. La couverture avec Romy Schneider rayonnante et le regard, respectueux, admiratif et complice, que Gilles Jacob porte sur elle, en est la parfaite entrée en matière. Une invitation à entrer dans la danse des mots. Acceptez sans hésiter ! 

  • Ouverture du 78ème Festival de Cannes et « Partir un jour » de Amélie Bonnin : dansons et chantons sous la pluie…

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    Il y a quelques jours, je commençais mon article consacré à la sélection officielle de ce 78ème Festival de Cannes (à retrouver ici) par cette citation de Costa-Gavras : « Vous ne pouvez changer la vision politique des gens avec un film, mais vous pouvez au moins engendrer une discussion politique. » La cérémonie d’ouverture de ce 78ème Festival de Cannes, d’une prestigieuse et élégante sobriété, nous rappelait ainsi que le cinéma n’est pas seulement un objet et un sujet de divertissement mais aussi un vecteur d’idées politiques.

     Laurent Lafitte, maître des cérémonies de cette 78ème édition, a commencé son discours par un hommage à la lauréate du prix d’interprétation féminine de 1999 pour Rosetta, l’inoubliable et si talentueuse Emilie Dequenne : « Elle est née au Festival de Cannes, sa délicatesse humble et puissante va manquer, j’aimerais dédicacer cette cérémonie d’ouverture à Émilie Dequenne. » Son discours a ensuite principalement rendu hommage aux actrices et aux acteurs, fil directeur de celui-ci, de James Stewart, Jean Gabin, Isabelle Adjani à… Volodymyr Zelensky, nous invitant à imiter leur courage, « par nos discours, nos choix et nos refus, afin d’être à la hauteur de cette phrase de Frank Capra :  Seuls les audacieux devraient faire du cinéma. »

    Il a aussi mis à l’honneur la sublime (double) affiche de cette année représentant Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant enlacés, dans le chef-d’œuvre de Claude Lelouch, palme d’or 1966, Un homme et une femme : « On se pose toujours la question de savoir si le cinéma peut changer le monde. Mais si on demande au cinéma toujours plus d’inclusivité, de représentativité, de parité, c’est donc bien qu’en effet il peut changer le monde. Et parfois, il suffit de raconter un homme et une femme pour toucher au sublime et à l’universel. »

    Il fut ensuite rejoint par les neuf membres du jury international des longs métrages : Halle Berry, Payal Kapadia, Alba Rohrwacher, Leïla Slimani, Dieudo Hamadi, Hong Sangsoo, Carlos Reygadas et Jeremy Strong, et leur présidente : Juliette Binoche, « née actrice dans cette même salle » qui a évoqué les maux du monde actuel, de l’ignominie du 7 octobre, au dérèglement climatique, au drame de Gaza, en rendant hommage à  la photojournaliste Fatima Hassouna tuée par un missile et qui, la veille de sa mort,  avait appris que le film dans lequel elle figurait ( Put Your Soul on Your Hand and Walk, documentaire de Sepideh Farsi), était sélectionné au Festival de Cannes. « L’art reste, il est le témoignage puissant de nos vies, de nos rêves, et nous, spectateurs, nous l’embrassons. Que le Festival de Cannes, où tout peut basculer, y contribue ! » a-t-elle conclu.

    Avec son titre inédit et mélancolique, Mylène Farmer a rendu hommage à David Lynch et bouleversé les festivaliers du Théâtre Lumière.

    Leonardo DiCaprio a ensuite rappelé qu'il devait le lancement de sa carrière et sa rencontre avec Martin Scorsese à Robert De Niro à qui il a remis une Palme d’or d’honneur : « Ce soir, j’ai l’insigne honneur d’être devant vous pour rendre hommage à quelqu’un qui est notre modèle. L’œuvre de Robert De Niro se décline dans la façon dont il a inspiré les acteurs à traiter leur métier, pas seulement comme une performance solo, mais comme une transformation. Robert De Niro n’est pas juste un grand acteur, c’est L’Acteur. Avec Martin Scorsese, ils ont raconté les histoires les plus légendaires du cinéma, les histoires sans compromis. Ils n’ont pas seulement fait des films, ils ont redéfini ce que le cinéma pouvait être. Ils ont élevé la relation entre acteurs et réalisateurs au stade d’un creuset de partage des risques. »

    Politique, la déclaration de Robert De Niro l’était aussi indéniablement. Vibrante aussi :

    « Merci infiniment au Festival de Cannes d’avoir créé cette communauté, cet univers, ce « chez soi « pour ceux qui aiment raconter des histoires sur grand écran. Le Festival est une plateforme d’idées, la célébration de notre travail. Cannes est une terre fertile où se créent de nouveaux projets. Dans mon pays, nous luttons d’arrache-pied pour défendre la démocratie, que nous considérions comme acquise. Cela concerne tout le monde. Car les arts sont, par essence, démocratiques. L’art est inclusif, il réunit les gens. L’art est une quête de la liberté. Il inclut la diversité. C’est pourquoi l’art est une menace aujourd’hui. C’est pourquoi nous sommes une menace pour les autocrates et les fascistes de ce monde. Nous devons agir, et tout de suite. Sans violence, mais avec passion et détermination. Le temps est venu. Tout un chacun qui tient à la liberté doit s’organiser, protester et voter lorsqu’il y a des élections. Ce soir, nous allons montrer notre engagement en rendant hommage aux arts, ainsi qu’à la liberté, à l’égalité et à la fraternité. »

    Enfin, c’est avec son enthousiasme légendaire qu’un Quentin Tarantino bondissant a déclaré ouverte cette 78ème édition du Festival de Cannes.

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    Pour l’ouverture, les sélectionneurs ont eu cette année l’idée judicieuse de choisir un premier film enchanté et enchanteur, Partir un jour d'Amélie Bonnin, idéal pour lancer les festivités, aussi politiques soient-elles. Partir un jour est le premier long-métrage d'Amélie Bonnin, tiré de son court-métrage éponyme, récompensé par le César du meilleur court-métrage de fiction en 2023.

    Alors que Cécile (Juliette Armanet) s’apprête à réaliser son rêve, ouvrir son propre restaurant gastronomique à Paris, et alors qu'elle vient de découvrir qu'elle est enceinte, elle doit rentrer dans le village de son enfance à la suite de l'infarctus de son père. Loin de l'agitation parisienne, elle recroise son amour de jeunesse (Bastien Bouillon). Ses souvenirs ressurgissent et ses certitudes vacillent…

    Dès les premières minutes, il se dégage de ce film une justesse qui nous happe, d’autant plus surprenante que les chansons qui traduisent les pensées des personnages pourraient y nuire. Au contraire, elles renforcent ce sentiment, et notre proximité avec leurs émotions, par le réveil de nos propres réminiscences, nous embarquant avec eux d’emblée. Cela commence par Alors on danse de Stromae et se termine par le Partir un jour des 2 be 3 qui donne son titre au film. Entre les deux, des personnages qui se débattent avec leurs regrets, que la réalisatrice filme avec beaucoup de tendresse.

    Les scènes chantées ont été enregistrées en direct sur le plateau, sans studio, pour préserver l'authenticité et l'émotion des interprétations, et c’est une entière réussite. Elles ne semblent pas « plaquées » mais s’intègrent parfaitement à l’histoire. La grande majorité des séquences chantées et dansées a par ailleurs été chorégraphiée par Thierry Thieû Niang, ce qui procure beaucoup de fluidité à l’ensemble.

    Un film qui allie avec beaucoup d’intelligence la gaieté, la nostalgie, et l’envie d’étreindre le présent, émaillé aussi de belles idées de mises en scène comme un flashback intégrant le présent.

    Amélie Bonnin rend aussi un bel hommage à l’universalité des musiques que son long métrage intègre parfaitement au récit comme elles-mêmes s’intègrent à celui de nos vies, à tel point que les premières notes d’une chanson dont nous n’entendrons pas un mot suffit à nous faire comprendre ce qu’un personnage ne parvient pas à formuler.

    Si Bastien Bouillon -Une jeune fille qui va bien, La Nuit du 12, Le Comte de Monte-Cristo (que nous retrouverons aussi à Cannes dans la section Cannes Première, dans Connemara de Alex Lutz) nous avait déjà habitués à son talent, qui se confirme ici, dans son étendue, malgré sa coiffure improbable, dans un rôle aux antipodes de ceux dans les films précités, Juliette Armanet nous sidère littéralement par son jeu nuancé et précis, et par sa vitalité qui inonde tout le film. Dominique Blanc et François Rollin, sont tout aussi parfaits dans les rôles des parents de Cécile, l’une complice, et l’autre bougon au cœur tendre. Amandine Dewasmes est particulièrement subtile dans ce rôle d'épouse, faussement aveugle,  sur la fragile frontière entre bienveillance et naïveté. Et Tewfik Jallab impose une présence magnétique.

    Un film qui ré-enchante le passé, et nous serre le cœur d’une douceur mélancolique, comme un souvenir d’adolescence que le temps n’altère pas mais rend à la fois plus beau et plus douloureux.

    Si ce film n’atteint pas la perfection de On connaît la chanson d’Alain Resnais (pour moi un des films les plus brillants et profonds de l’Histoire du cinéma malgré sa légèreté apparente, un mélange subtile –à l’image de la vie – de mélancolie et de légèreté, d’enchantement et de désenchantement, un film à la frontière des émotions et des genres qui témoigne de la grande élégance de son réalisateur, du regard tendre et incisif de ses auteurs et qui nous laisse avec un air à la fois joyeux et nostalgique dans la tête. Un film qui semble entrer dans les cadres et qui justement nous démontre que la vie est plus nuancée et que chacun est forcément plus complexe que la case à laquelle on souhaite le réduire, moins lisse et jovial que l’image « enchantée » qu’il veut se donner) avec lequel certains l’ont comparé, n’oublions pas qu’il s’agit là d’un premier film.

    Ce film musical était décidément parfait pour l’ouverture de ce 78ème Festival de Cannes, nous enjoignant à chanter et danser sous la pluie (Alors, on danse ?), donc malgré les maux du monde sur lesquels les films de ce festival seront, comme chaque année, une « fenêtre ouverte ». Une fête du cinéma lucide et engagée, et tant pis si certains y voient là un paradoxe répréhensible. Une danse mélancolique. Peut-être à l’image des films de cette sélection ? Réponse dans quelques jours après le festival en direct duquel je serai la semaine prochaine.

  • La FNAC Cannes fait son cinéma : en dédicace de "La Symphonie des rêves", le 20 mai, à 16H

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    Je suis ravie de faire partie de cette belle programmation « La Fnac Cannes fait son cinéma » (un programme qui vient de s'étoffer avec l'ajout de Golshifteh Farahani et Camille Etienne, en plus de  Lolita Chammah, Aliocha Schneider, Vahina Giocante, Alain Chamfort, Laurent Hopman – Renaud Hoche, Samuel Le Bihan - en tant que parrain de la 9ème semaine du cinéma positif-, Alice Pol, Hippolyte Girardot), à la Fnac de Cannes, pendant le 77ème Festival du Film, et de vous retrouver en dédicace, le lundi 20 mai, de 16h à 18H, autour de mon roman La Symphonie des rêves.

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    En une vingtaine d’années de ce festival dans le cadre duquel les émotions sont décuplées, j’en ai appréhendé les tumultes, les frénésies, les véhémences, les impatiences, les exaltations, les versatilités, la promptitude des festivaliers à déifier ou à piétiner. Mais, surtout, j’y ai engrangé des souvenirs fantasques, fantastiques, fantasmagoriques, des souvenirs de vie et de cinéma s’entrelaçant parfois en une curieuse mise en abyme. 23 ans après mon premier festival cannois (un concours d’écriture de critiques nommé Prix de la Jeunesse organisé par le Ministère de la Jeunesse et des sports permettait à de jeunes européens d’être invités au Festival de Cannes, je n’aurais pas imaginé alors le couvrir chaque année et y vivre tant de moments inoubliables), je sais déjà que quand résonnera Aquarium de Saint-Saëns, les frissons seront là. Vivaces. Inaltérés. 
     
    L’un de ces souvenirs de cinéma figure d’ailleurs dans ce roman qui vous emmène au Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, à Venise, Athènes, Hydra, Dinard, Trouville, Nice…mais aussi au Festival de Cannes. 
     
     Cette année, j’aurai le plaisir de couvrir à nouveau le festival (à partir du 19.05), et de vous livrer mes coups de cœur cinématographiques, mais donc aussi de faire partie du programme « La Fnac fait son cinéma » et de dédicacer La Symphonie des rêves, roman dans lequel musique (notamment de films) et cinéma bousculent et relient les destinées. 
     
    Merci à Sophie Queval, à la Fnac de Cannes, à mon éditeur Blacklephant Editions et en particulier à Charlène.
     
    Retrouvez mes articles consacrés au Festival de Cannes sur Inthemoodforcinema.com  et Inthemoodforcannes.com.
     
    Ci-dessous, le programme de la FNAC pendant le 77ème Festival de Cannes (communiqué de la Fnac).

    La Fnac Cannes a le plaisir d’accueillir de nombreux auteurs, acteurs et musiciens pour des rencontres et des showcase exceptionnels sur la terrasse du magasin.

    Dans le cadre prestigieux du festival de Cannes, la Fnac Cannes se pare de ses plus beaux atours et accueille actrices et acteurs, journalistes cinéma, auteurs et musiciens pour des rencontres, dédicaces et showcase exceptionnels, sur la terrasse du magasin à partir du 16 mai 2024.

    Découvrez le programme en cliquant sur le nom des invités :

    RENCONTRE DEDICACE AVEC LOLITA CHAMMAH 

    JEUDI 16/05 à 14H00 

    SHOWCAS ET DEDICACE AVEC ALIOCHA SCHNEIDER 

    JEUDI 16/05 à 17H00

    RENCONTRE DEDICACE AVEC VAHINA GIOCANTE 

    VENDREDI 17/05 à 16H00

    RENCONTRE DEDICACE AVEC ALAIN CHAMFORT 

    SAMEDI 18/05 à 14H00

    RENCONTRE DEDICACE ET EXPOSITION BD AVEC  LAURENT HOPMAN ET RENAUD ROCHE

    SAMEDI 18/05 à 18H00

    DEDICACE AVEC SANDRA MEZIERE 

    LUNDI 20/05 à 16H00

    PARTENARIAT PROJET MOTEUR! PROJECTION DES FILMS DES LAUREATS DU CONCOURS 2024

    MERCREDI 22/05 à 15H30

    RENCONTRE DEDICACE AVEC ALICE POL

    JEUDI 23/05 à 11H00

    RENCONTRE AVEC CAMILLE ETIENNE, lauréate du Humann Prize dans le cadre de la 9ème Semaine du Cinéma Positif

    JEUDI 23/05 à 16H00

    RENCONTRE DEDICACE AVEC HIPPOLYTE GIRARDOT

    VENDREDI 24/05 à 11H00

    RENCONTRE AVEC GOLSHIFTEH FARAHANI, lauréate du Humann Prize, dans le cadre de la 9ème Semaine du Cinéma Positif

    VENRDEDI 24/05 à 14H00

    RENCONTRE DEDICACE AVEC SAMUEL LE BIHAN, PARRAIN DE LA 9e SEMAINE DU CINEMA POSITIF

    SAMEDI 18/05 à 11H00

    ÉVÉNEMENTS GRATUITS ET OUVERTS AU PUBLIC DANS LA LIMITE DES PLACES DISPONIBLES, ORGANISES EN PARTENARIAT AVEC :

    Logo-BFM-Nice-CoteAzur

    Liens : 

    Le programme complet "La Fnac Cannes fait son cinéma" sur le magazine L'Eclaireur Fnac

    Le programme de ma séance de dédicaces sur le Magazine L'Eclaireur Fnac

    L'article du magazine littéraire Lettres Capitales sur La Symphonie des rêves

    Mon interview au sujet de La Symphonie des rêves sur le site littéraire A la lettre

    De nombreux avis de lecteurs sur mon compte Instagram @Sandra_Meziere

  • Jury du Prix de la Citoyenneté du 77ème Festival de Cannes

     

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    Chaque année depuis sa création, je vous parle ici de ce prix indispensable qu’est le Prix de la Citoyenneté.  Le samedi 25 mai à 13h30, nous saurons quel film succèdera au lauréat 2023 : Les Filles d'Olfa de Kaouther Ben Hania (un prix et un film dont je vous avais longuement parlé, ici).

    L’association Clap Citizen Cannes, à l’initiative de ce prix,  a été créée en mai 2017 lors du 70ème anniversaire du Festival International du Film de Cannes. Les membres fondateurs sont Line Toubiana, Françoise Camet, Guy Janvier, et Jean-Marc Portolano. Le Président de l’association est Nabil Ayouch. Les Présidents d’honneur sont : Catherine Martin-Zay, Laurent Cantet, et Hélène Mouchard-Zay.

    En 2022, le jury du Prix de la Citoyenneté avait couronné un film iranien, le magistral, suffocant et bouleversant Leila et ses frères de Saeed Roustaee.

    Ce prix met en avant des valeurs humanistes, universalistes et laïques. Il célèbre l'engagement d'un film, d'un réalisateur et d'un scénariste en faveur de ces valeurs. Je vous recommande ainsi les pages passionnantes du site officiel du Prix de la Citoyenneté qui les définissent.

    Les films suivants ont reçu le Prix de la Citoyenneté les années passées : Capharnaüm de Nadine Labaki (2018)Les Misérables de Ladj Ly (2019), Un héros de Asghar Farhadi (2021), Leila et ses frères de Saeed Roustaee (2022). 

    Le Prix célèbre l'engagement d'un ou une cinéaste en faveur des valeurs citoyennes. Il sera remis pour la cinquième fois lors de d’édition du 77ème festival international du Film de Cannes à un film en compétition de la sélection officielle. Son objet est de "distinguer une œuvre de qualité artistique de premier plan qui exalte les vertus de la richesse humaine individuelle et collective, les engagements solidaires en faveur des femmes et des hommes, ainsi que la préservation des ressources de notre planète associées à la défense de la qualité environnementale en faveur des générations futures."

    Le Jury du Prix de la citoyenneté 2024

    Présidente du Jury 2024 :

    Valérie Donzelli (Réalisatrice, scénariste et actrice)

    Entourée de :

    Agathe Bonitzer (Actrice)

    Isabelle Chenu (Journaliste, cheffe du service Culture de RFI)

    Claus Drexel (Réalisateur, scénariste et metteur en scène allemand)

    Frédéric Sojcher (Réalisateur, écrivain et universitaire belge)

  • Annonce de la sélection officielle du 77ème Festival de Cannes : le programme détaillé du Festival de Cannes 2024

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    Article mis à jour au fur et à mesure des annonces postérieures à la conférence de presse (ajouts à lire en bas de cet article)

    Ce matin, à l’UGC Normandie, avait lieu l’annonce de la sélection officielle du 77ème Festival de Cannes qui se tiendra du 14 au 25 mai 2024, et que j’aurai le plaisir de couvrir pour la 22ème année consécutive. Comme le veut la tradition, la Présidente du Festival, Iris Knobloch (qui a succédé à Pierre Lescure qui lui-même a succédé à Gilles Jacob), a présenté cette édition et remercié les partenaires, après avoir rappelé que l'édition 2023 avai été celle de tous les records et que «la magie du grand écran est intacte. Plus que jamais, c'est au cinéma que le film a rendez-vous avec son histoire. C'est là qu'il a construit une légende », tandis que le Délégué général, Thierry Frémaux a annoncé la sélection officielle. Entre les « habitués » (Carax, Larrieu, Audiard, Coppola, Sorrentino, Cronenberg, Jia Zhang-Ke, Honoré, Lanthimos, Lellouche -pour la première fois en compétition- ) dont il est toujours réjouissant de découvrir de nouvelles œuvres et des cinéastes en devenir, venant des quatre coins du monde (comme Diamant brut d’Agathe Riedinger, un premier film français mais aussi beaucoup de premiers films d'origines très diverses et des films d’acteurs passés derrière la caméra, comme Daniel Auteuil pour un polar, Arianne Labed ou encore Noémie Merlant ou Laetitia  Dosch), cette sélection s’annonce hétéroclite et réjouissante avec, également, des montées des marches très « hollywoodiennes » : George Lucas, Richard Gere, Kevin Costner, Nicolas Cage, Demi Moore, Uma Thurman, Adam Driver, Francis Ford Coppola

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    Avec des films de Somalie, d’Inde, de Chine, du Vietnam, de Guinée, d’Ukraine etc, comme chaque année, la sélection officielle du Festival de Cannes permettra de dresser un état du monde cinématographique mais surtout un état des lieux du monde, en braquant ses projecteurs sur ses ombres et ses lumières.

    Comme le veut la tradition, quelques ajouts, « moins d’une dizaine de films », viendront compléter cette sélection. Le film de clôture n’a « pas encore été décidé », a souligné Thierry Frémaux. Le Festival de Cannes sera ouvert avec Le Deuxième Acte de Quentin Dupieux, un film au générique duquel figurent Vincent Lindon, Léa Seydoux, Louis Garrel, Raphaël Quesnard, une « comédie tout à fait réussie à la Dupieux qui nous mettra dans une belle humeur pour vivre ces 12 jours, un film qui repose beaucoup sur le cinéma et qui parle de cinéma. »  « Un festival dont on a décidé avec Iris et toute l’équipe qu'il serait pacifique, pacifié, joyeux et généreux et qu’on ne parlera que de cinéma ». C’est par ces mots que Thierry Frémaux a terminé cette annonce de sélection que je vous présente ci-dessous.

    Greta Gerwig présidera le jury de cette 77ème édition qui aura la passionnante mission de décerner la palme d’or parmi les 19 films en lice (pour l’instant) dont deux réalisés par des cinéastes ayant déjà obtenu la palme d’or (Coppola et Audiard). Le 25 mai, nous saurons qui succédera à Anatomie d’une chute de Justine Triet, lauréate de la palme d’or 2023 décernée par le jury de Ruben Östlund. Iris Knobloch a ainsi souligné que « Gerwig aime à réinventer les codes du cinéma. Elle embrasse tous les genres et s’adresse à tous les publics. Comme nous, elle valorise tous les métiers du cinéma puisqu’elle a été autrice, actrice et réalisatrice. Une jeune femme libre pleine d’idées et de talent ».

    Les cérémonies d’ouverture et de clôture seront présentées par Camille Cottin. « Notre maîtresse de cérémonie sera une autre femme brillante et engagée », a ainsi rappelé Iris Knobloch.  « Que des femmes tiennent cette année le haut de l’affiche me réjouit tout particulièrement » a-t-elle ajouté.

    Meryl Streep sera l'invitée d’honneur de la cérémonie d’ouverture. Elle donnera le coup d’envoi de cette 77ème édition. Après Jeanne Moreau, Marco Bellocchio, Catherine Deneuve, Jean-Pierre Léaud, Jane Fonda, Agnès Varda, Forest Whitaker ou Jodie Foster, Meryl Streep recevra à cette occasion une Palme d'or d'honneur. 35 ans après son Prix d’interprétation pour Un cri dans la nuit, qui reste à ce jour sa seule apparition au Festival de Cannes.

    Xavier Dolan présidera le jury Un Certain regard. « Je suis très heureuse que Xavier Dolan ait accepté de présider le jury Un certain regard » a spécifié Iris Knobloch. Il sera entouré de la scénariste et réalisatrice franco-sénégalaise Maïmouna Doucouré, la réalisatrice, scénariste et productrice marocaine Asmae El Moudir, l'actrice germano-luxembourgeoise Vicky Krieps et le critique de cinéma, réalisateur et écrivain américain Todd McCarthy.

    Une palme d’or d’honneur sera remise à Georges Lucas. « Célébrer les jeunes prodiges du cinéma aussi bien que les légendes vivantes a toujours été l’ADN du festival. Nous remettrons une palme d’or d’honneur à Lucas qui a fait entrer tant de héros dans la mythologie cinématographique qu’il est devenu un mythe lui-même. »

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    © Shochiku Co., Ltd. / Kurosawa Prod. – Création graphique © Hartland Villa 
    Rhapsodie en août d’Akira Kurosawa (1991)

    L’affiche de cette 77ème édition exhale poésie et mélancolie envoûtantes avec cette scène extraite de Rhapsodie en août du grand maître japonais Akira Kurosawa. « Dans ce film présenté Hors Compétition au Festival de Cannes en 1991, une grand-mère victime du bombardement de Nagasaki le 9 août 1945 transmet à ses petits-enfants et à son neveu américain sa foi en l’amour et en l’intégrité comme rempart contre la guerre. L’avant-dernier film du cinéaste rappelle l’importance de se réunir et de rechercher l’harmonie en toutes choses. Miroir de la salle de cinéma, cette affiche entend célébrer le 7e Art, avec émerveillement. Parce qu’il offre une voix à chacun, le cinéma permet l’émancipation. Parce qu’il se souvient des blessures, il lutte contre l’oubli. Parce qu’il témoigne des périls, il appelle à l’union. Parce qu’il apaise les traumatismes, il aide à réparer les vivants. Dans un monde fragile qui interroge sans cesse l’altérité, le Festival de Cannes réaffirme une conviction : le cinéma est un sanctuaire universel d’expression et de partage. Un lieu où s’écrit notre humanité autant que notre liberté. »

    Thierry Frémaux a annoncé la sélection officielle, après avoir précisé que ses équipes avaient cette année visionné 2000 films, et après avoir dédié la sélection à Michel Ciment récemment disparu :

    « Quand on repart en arrière, quand on lit l’histoire du festival, on s’aperçoit qu’elle est intimement liée à l’histoire de la critique et de la presse qui font aussi le Festival de Cannes. Je voudrais avoir une pensée pour le cinéma argentin qui connaît de grandes difficultés. Cette année, c’est à Michel Ciment qu’on voudrait dédier cette sélection, Michel qui a été membre du jury, qui était le fer de lance de la revue Positif, qui écrivait inlassablement sur les films, et il va nous manquer. La sélection cette année n’a pas été spécialement facile à faire. Le cinéma américain a été impacté par une longue grève. Un arrêt de plusieurs mois dans l’industrie hollywoodienne impacte forcément le Festival de Cannes. Le cinéma américain sera cependant tout à fait présent : Costner, Lucas. Columbia fêtera ses 100 ans à Cannes. »

    Thierry Frémaux a d’abord présenté les films de la section Cannes Première rappelant que le but pour les cinéastes était de « montrer leurs films sans autre enjeu. Le plaisir d’être en Debussy et de projeter leurs derniers travaux. Dans notre élan, nous aimons aussi que nos films soient vus et que les films marchent très bien en salles. »

    SÉANCES SPECIALES

    - La belle de Gaza de Yolande Zauberman : « histoire des transsexuels qui vont à Tel Haviv vivre leur nouvelle identité, filmée et écrite avant la guerre et qui prend une résonance particulière pour continuer d’explorer ce territoire douloureux de notre planète. »

    - Claire Simon présentera Apprendre, un film sur les enseignants, un « film tout à fait fort et émouvant comme l’est celui du cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa, L’invasion, « pas un film sur l’invasion russe mais sur les conséquences et ce qui se passe quand un pays envahi par un ennemi. »

    - Raoul Peck présentera un documentaire qui s’appelle Ernest Cole, photographe, « une des plus grandes voix de la photo contemporaine. Ce film ramène aussi le passé au présent, le passé en l’occurrence était celui de l’Apartheid en Afrique du Sud, pays dans lequel il a grandi ».

    - Daniel Auteuil viendra présenter Le Fil, un polar dans lequel il joue également avec Grégory Gadebois (un film distribué par la petite maison de production qui monte, Zinc, dont je vous avais déjà parlé ici à plusieurs reprises.) « Là où a été montré l’an passé Le Théorème de Marguerite, petit film qui a connu très belle carrière jusqu’aux César pour l’actrice meilleure révélation de l’année » a tenu à souligner Thierry Frémaux (un film également présenté au Festival de La Baule dans le cadre duquel il fut également primé et dont je vous avais parlé ici).

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    CANNES PREMIERE

    - Alain Guiraudie viendra présenter Miséricorde, lequel « qui avait marqué le festival avec L’Inconnu du Lac à Un Certain Regard. Un film sur la circulation du désir des corps des regards entre les hommes. »

    - C’est pas moi, le film de Leos Carax : « un essai esthétique comme le ferait un écrivain. Film assez court, très fulgurant, très brillant. »

    - Nabil Ayouch pour Everybody loves Touda : « L’histoire d’une chanteuse et la manière dont parfois les chanteuses au Maroc étaient considérées comme autre chose et ne pouvaient pas complètement accomplir leur vocation d’artiste. »

    - En Fanfare d’Emmanuel Courcol

     - Rithy Panh présentera Rendez-vous avec Pol pot

    - Arnaud et Jean-Marie Larrieu seront de retour pour Le roman de Jim, un film avec Sara Giraudeau.

    SÉANCES DE MINUIT

    Thierry Frémaux a rappelé que Les Séances de Minuit étaient là « pour accueillir à Cannes un cinéma dont on pouvait penser il y a quelques années qu’il n’avait pas sa place à Cannes. »

    Au programme cette année, « deux films de genres qui sont aussi de grands films de metteurs en scène » : Twilight of the warrior walled in de Soi Cheang et I, The Executioner de Seung Wan Ryoo.

    Également en séance de minuit : The Surfeur de Nicolas Cage : « le film raconte l’histoire de Cage qui ayant grandi dans une petite baie en Australie décide de revenir faire du surf avec son fils. »

    Les femmes au balcon, la deuxième réalisation de Noémie Merlant, « comédie féministe à Marseille. »

    HORS COMPÉTITION

    - Furiosa, une saga Mad Max de George Miller, « au lendemain de l’ouverture ».  « Lucas et lui sont de grandes imaginations venues nourrir le cinéma de personnages nouveaux. »

    - Horizon de Kevin Costner, « première partie d’une saga américaine dirigée par Costner. Longue adaptation d’une vision de la conquête de l’Amérique.»

    - She’s got no name de Chan Peter Ho-Sun, « plus grosse production chinoise de l’année.  Grand film d’auteur populaire ».

    - Rumours, « coréalisation à 3 voix » de Evan Johnson, Galen Johnson et Guy Maddin. « Film qui raconte l’histoire d’un G7. Denis Ménochet campe le président français. Les dessous de la réunion des grands de ce monde. Comédie ironique et politique, extraordinairement instructive. »

    UN CERTAIN REGARD

    - The Shameless de Konstantin Bojanov

    - Le Royaume de Julien Colonna, un premier film, une « histoire d’apprentissage d’une jeune fille qui va apprendre les règles et les histoires de la communauté dans laquelle elle a grandi. »

    - Vingt Dieux, premier film de Louise Courvoisier, qui « a gagné la Cinéfondation il y a quelques années. »

    - Laetitia Dosch réalise son premier film une comédie intitulée Le procès du chien « dans ce monde où on est de plus en plus à interroger la justice pour telle ou telle raison. Film plein de choses formidables. Entrée suisse. »

    - Black dog de Duan Hu, « film chinois qui raconte l’histoire il y a quelques années quand se préparaient les jeux de Pékin, quand le gouvernement chinois a décidé d’éliminer tous les chiens errants. Histoire d’un homme chargé d’évacuer tous les chiens. »

    - The village next to paradise de Mo Harawe, un film somalien, un premier film.

    - « Autre premier film de comédienne, mais qui se révèle une cinéaste pleine de conviction Arianne Labed », September says, « un film tourné à Londres, un film d’échanges entre deux adolescentes et leur mère. »

    - L’histoire de Souleymane de Boris Lojkine, « personnage qui incarne tous les personnages que nous voyons dans les rues de Paris, de Lyon, ces gens qui vont livrer des repas pour des grandes enseignes mondiales. »

    - Roberto Minervini avec Les Damnés, « quelqu’un qui vient du documentaire, film de guerre de Sécession sur la guerre civile des jeunes soldats en mission avec un ennemi invisible. Un des grands intérêts du film est la manière dont il renouvelle le regard sur le quotidien de la guerre et le ressenti de jeunes soldats. »

    - « Première entrée de l’histoire du Festival de Cannes de la Zambie et de la Guinée puisque c’est un film entre les deux pays » : On becoming a Guinea fowl de Rungano Nyoni, « comédie dramatique familiale assez forte et assez inédite pour nous qui ne sommes pas de ces pays, une cinéaste nous raconte ce que sont les rapports humains, et femmes / hommes dans ces pays. »

    - Le film d’un jeune cinéaste japonais Hiroshi Okuyama, My Sunshine, que Thierry Frémaux compare à Kore-Eda. « Des films pour lesquels on voit dix minutes et on sait s’il y a quelque chose de proprement cinématographique et c’est le cas de tous ces films un Certain Regard. »

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    - Santosh de Sandhya Suri, « cinéaste indienne d’une génération de cinéastes venus d’Inde, pays qu’on a plaisir à voir revenir. »

    - Viet and Nam, de Truong Minh Quý, « cinéaste vietnamien qui, l’an passé, a gagné La Caméra d’or. »

    - Armand, premier film de Halfdan Ullmann Tøndel, « par ailleurs petit fils de Liv Ullmann. »

    COMPÉTITION

    - The Apprentice de Ali Abbasi, un « cinéaste iranien qui vit en Suède dont on avait montré Border, film fantastique qui avait gagné Un Certain Regard. Là, il s’agit d’un film américain. L’apprenti n’est ni plus ni moins que Donald Trump, il raconte ses jeunes années. »

    - Motel destino de Karim Aïnouz, « film brésilien film très personnel »

    - Bird d’Andrea Arnold, « récit d’apprentissage d’une jeune fille dans une banlieue anglaise qui va essayer de s’évader de la fatalité sociale à laquelle sa naissance la destinait. Style caméra à l’épaule. Cinéma extraordinairement nécessaire pour nous raconter l’histoire des pays. »

    - Emilia Perez de Jacques Audiard (lauréat de la palme d’or en 2015 avec Dheepan) comédie musicale chez les cartels mexicains. « J’en dis pas plus. Et cela nous permettra d’accueillir Zoe Saldana et Selena Gomez » précisé Thierry Frémaux.

    - Anora de Sean Baker 

    - Megalopolis de Francis Ford Coppola.  « On est très heureux d’accueillir celui qui fait partie du club fermé des réalisateurs ayant gagné deux palmes d’or, La Conversation -en 1974- et Apocalypse now – en 1979-. Film qu’il voulait faire de longue date. On est très heureux. Il est cher à notre cœur. »

    - Les Linceuls de David Cronenberg, un film qui « évoque la perte d’un être cher », avec Vincent Cassel et Diane Kruger.

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    ©   Gravetech Productions Inc. / SBS Productions

    - The Substance de Coralie Fargeat, « deuxième entrée française pour un film complètement américain avec Demi Moore. Film gore assumé. Pas mal de sang sur l’écran dont on a le sentiment qu’il traverse l’écran. »

    - Grand tour de Miguel Gomes. « Film en partie en noir et blanc et en couleurs. D’une grande virtuosité visuelle. Voix très singulière du cinéma d’auteur européen. »

    - Marcello mio de Christophe Honoré.  « La fille de Mastroianni qui tout à coup décide de refaire un petit voyage dans l’esprit de son père. Deneuve également dans ce film. Luchini, Biolay, Poupaud. Fiction mais une histoire réelle. »

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    - Caught by the tides de Jia Zhang-Ke :  « grand maître chinois qui a eu aussi à traverser le covid dans un pays qui a eu d’autres stratégies que le monde occidental et qui n’a pas cessé de travailler pour ce qui est un film d’une grande fluidité narrative à travers un mélange d’images d’archives, de fiction, de vidéos, d’images incroyablement travaillées et qui dit de la Chine quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de voir à travers un certain nombre de personnages qui font que le voyage vaut la peine. »

    - All we imagine as light de Payal Kapadia.

    - Kinds of kindness de Yorgos Lanthimos avec Emma Stone et Willem Dafoe

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    © Atsushi Nishijima

    - Troisième entrée française avec Gilles Lellouche et L’amour ouf.

    - Diamant brut d’Agathe Riedinger, un premier film français. « Je ne vais pas dire que c’est la petite fille des Dardenne mais une petite nièce du sud de la France. Personnage une jeune fille que la caméra très virtuose suit, qui a des rêves, des utopies, un accomplissement qui passe beaucoup par une deuxième existence virtuelle sur les réseaux. Film extrêmement contemporain, moderne. Ce film avait la force pour que Cannes continue d’être une terre de découverte. »

    - Oh Canada de Paul Schrader, « un grand metteur en scène et un grand cinéphile bressonien, l’occasion de retrouver Richard Gere pour ce dernier scénario tourné de Russell Banks tourné l’an passé. Une comédie funèbre mais pas triste sur le vieillissement, sur le retour sur une vie. »

    - Limonov – The Ballad de Kirill Serebrennikov

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    ©  Gianni Fiorito

    - Parthenope de Paolo Sorrentino, « après un détour par d’autres supports, la série notamment avec The young Pope, il revient pour un film tourné à Naples, l’histoire d’une jeune fille dont le problème est qu’elle est jeune et belle et qui voudrait être considérée pour autre chose. Des sociétés différentes qui se côtoient, basse et haute société et des intellectuels. »

    - The girl with the needle de Magnus von Horn, « le moins connu, première entrée en sélection officielle et compétition, film tourné en noir et blanc d’époque au tournant du 19ème et 20èeme, les difficultés pour les ouvrières de continuer à exister dans le désir de liberté de l’esprit et du corps. »

    SÉLECTION OFFICIELLE

    FILM D'OUVERTURE

    LE DEUXIÈME ACTE

    Quentin Dupieux

    Hors Compétition

    COMPÉTITION

    THE APPRENTICE

    Ali Abbasi

    MOTEL DESTINO

    Karim Aïnouz

    BIRD

    Andrea Arnold

    EMILIA PEREZ

    Jacques Audiard

    ANORA

    Sean Baker

    MEGALOPOLIS

    Francis Ford Coppola

    THE SHROUDS

    David Cronenberg

    THE SUBSTANCE

    Coralie Fargeat

    GRAND TOUR

    Miguel Gomes

    MARCELLO MIO

    Christophe Honoré

    FENG LIU YI DAI (CAUGHT BY THE TIDES)

    Jia Zhang-Ke

    ALL WE IMAGINE AS LIGHT

    Payal Kapadia

    KINDS OF KINDNESS

    Yórgos Lánthimos

    L'AMOUR OUF

    Gilles Lellouche

    DIAMANT BRUT

    Agathe Riedinger

    1er film

    OH CANADA

    Paul Schrader

    LIMONOV - THE BALLAD

    Kirill Serebrennikov

    PARTHENOPE

    Paolo Sorrentino

    PIGEN MED NÅLEN (THE GIRL WITH THE NEEDLE)

    Magnus von Horn

    UN CERTAIN REGARD

    NORAH

    Tawfik Alzaidi

    THE SHAMELESS

    Konstantin Bojanov

    LE ROYAUME

    Julien Colonna

    1er film

    VINGT DIEUX !

    Louise Courvoisier

    1er film

    LE PROCÈS DU CHIEN (WHO LET THE DOG BITE?)

    Laetitia Dosch

    1er film

    GOU ZHEN (BLACK DOG)

    Guan Hu

    THE VILLAGE NEXT TO PARADISE

    Mo Harawe

    1er film

    SEPTEMBER SAYS

    Ariane Labed

    1er film

    L'HISTOIRE DE SOULEYMANE

    Boris Lojkine

    LES DAMNES

    Roberto Minervini

    ON BECOMING A GUINEA FOWL

    Rungano Nyoni

    BOKU NO OHISAMA (MY SUNSHINE)

    Hiroshi Okuyama

    SANTOSH

    Sandhya Suri

    VIET AND NAM

    Truong Minh Quý     

    ARMAND

    Halfdan Ullmann Tøndel

    1er film

    HORS COMPÉTITION

    SHE'S GOT NO NAME

    Chan Peter Ho-Sun

    HORIZON

    Kevin Costner

    RUMOURS

    Evan Johnson, Galen Johnson & Guy Maddin

    FURIOSA : UNE SAGA MAD MAX

    George Miller

    SÉANCES DE MINUIT

    TWILIGHT OF THE WARRIOR WALLED IN

    Soi Cheang

    THE SURFER

    Lorcan Finnegan

    LES FEMMES AU BALCON

    Noémie Merlant

    I, THE EXECUTIONER

    Seung Wan Ryoo

    CANNES PREMIÈRE

    EVERYBODY LOVES TOUDA

    Nabil Ayouch

    C’EST PAS MOI

    Leos Carax

    EN FANFARE

    Emmanuel Courcol

    MISÉRICORDE

    Alain Guiraudie

    LE ROMAN DE JIM

    Arnaud Larrieu & Jean-Marie Larrieu

    RENDEZ-VOUS AVEC POL POT

    Rithy Panh

    SÉANCES SPÉCIALES

    LE FIL

    Daniel Auteuil

    ERNEST COLE, PHOTOGRAPHE

    Raoul Peck

    L’INVASION

    Sergei Loznitsa

    APPRENDRE

    Claire Simon

    LA BELLE DE GAZA

    Yolande Zauberman

     

    AJOUTS DE PROGRAMMATION

    (après l'annonce de sélection du 11 avril)

    - Un tandem inédit présidera le Jury de la Caméra d’or du 77e Festival de Cannes : Emmanuelle Béart et Baloji. Ils seront accompagnés de : Gilles Porte (directeur de la photographie), Pascal Buron (DGA RH & Supports de TSF), Zoé Wittock (scénariste, réalisatrice), Nathalie Chifflet (critique).

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     © Hayao Miyazaki/Studio Ghibli

    - Le Studio Ghibli, Palme d'or d'honneur. Le Festival de Cannes honore une légende du cinéma et pour la première fois, la Palme d’or d’honneur devient un prix collectif qui sera remis au Studio Ghibli.  Venu se placer aux côtés des grands d’Hollywood, incarné par deux merveilleux conteurs, Hayao Miyazaki et Isao Takahata, et une multitude de personnages cultes, le studio japonais fait souffler un vent nouveau sur le cinéma d'animation depuis quatre décennies. Un Certain Regard avait accueilli La Tortue Rouge (2016), première collaboration des studios Ghibli avec une production européenne. Tout commence il y a tout juste 40 ans. Le succès de Nausicaä de la Vallée du Vent d’Hayao Miyazaki en 1984 lui permet de créer le Studio Ghibli avec Isao Takahata en 1985. " En Europe comme aux États-Unis, ces œuvres sont parmi les références les plus revendiquées par les animateurs, entre intransigeance et enjeux commerciaux de l’industrie. Elles représentent de véritables modèles, aussi bien pour la qualité de l’écriture, de la mise en scène et de l’animation, que pour la fidélité à une recherche esthétique. "

    En complément de l’hommage au Studio Ghibli, la Sélection officielle 2024 comptera ainsi 6 films d'animation : La plus précieuse des marchandises (Compétition), Flow (Un Certain Regard), Silex and the City, Slocum et moi, Sauvages et Angelo, dans la forêt mystérieuse.

    - Napoléon vu par Abel Gance (1re époque) en ouverture de Cannes Classics. "Légende connue des cinéphiles du monde entier, Napoléon vu par Abel Gance est l'une des œuvres les plus importantes du muet et l'une des restaurations les plus monumentales de l’histoire du cinéma. La Première Époque sera projetée le 14 mai en avant-première mondiale, dans une version issue d’un travail colossal et passionné, mené par la Cinémathèque française avec le soutien du CNC.

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    UN CERTAIN REGARD

     

    WHEN THE LIGHT BREAKS

    Rúnar Rúnarsson

    When the light breaks de Rúnar Rúnarsson fera l’ouverture du Certain Regard le mercredi 15 mai.

    NIKI

    Céline Sallette

    1er film

    FLOW

    Gints Zilbalodis

    CANNES PREMIÈRE

    VIVRE, MOURIR, RENAITRE

    Gaël Morel

    MARIA

    Jessica Palud

    SÉANCES SPÉCIALES

    SPECTATEURS

    Arnaud Desplechin

    NASTY

    Tudor Giurgiu

    LULA

    Oliver Stone

    AN UNFINISHED FILM

    Lou Ye

    HORS COMPÉTITION

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    LE COMTE DE MONTE-CRISTO

    Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte

    COMPÉTITION

    LA PLUS PRÉCIEUSE DES MARCHANDISES

    Michel Hazanavicius

    TREI KILOMETRI PANA LA CAPATUL LUMII

    (Trois kilomètres jusqu'à la fin du monde)

    Emanuel Parvu

    THE SEED OF THE SACRED FIG

    Mohammad Rasoulof

    - Rendez-vous avec Valeria Golino. Invitée deux fois en Sélection officielle avec ses films Miele (2013) et Euforia (2018), elle revient cette année pour un rendez-vous spécial : elle vient d’adapter L’arte della gioia (L’Art de la joie), le grand roman de Goliarda Sapienza, avec Jasmine Trinca, Tecla Insolia et Valeria Bruni-Tedeschi. Au départ série TV, L’Art de la joie sortira en salles en Italie.  À l’occasion de ce rendez-vous, le premier épisode de la série sera projeté en avant-première et suivi d'un dialogue entre Valeria Golino et les spectateurs.

    CANNES CLASSICS

    cannes classics.jpg

    - La sélection Cannes Classics, fêtera ses vingt ans. Elle sera marquée par la présence de grands artistes : Faye Dunaway, Wim Wenders, Sylvia Chang, Costa-Gavras, Raymond Depardon, Marco Bellocchio, Ron Howard, Frederick Wiseman, Dong-ho Kim, Montxo Armendáriz.

    - Les 100 ans de la Columbia

    GILDA

    Charles Vidor

    - Les 40 ans de Paris, Texas de Wim Wenders, Palme d'or 1984

    PARIS, TEXAS

    Wim Wenders

    - Le siècle de Costa-Gavras

    LA VÉRITÉ EST RÉVOLUTIONNAIRE – L'AVEU

    Réalisé par Yannick Kergoat, écrit par Edwy Plenel

    - L'ultime film de Jean-Luc Godard

    SCÉNARIOS

    Jean-Luc Godard

    - Les 70 ans des Sept Samouraïs

    THE SEVEN SAMOURAI

    - Total Frederick Wiseman

    LAW AND ORDER

    - Raymond Depardon Photographe

    LES ANNÉES DÉCLIC

    - Lucy Barreto, une productrice au Brésil

    BYE BYE BRASIL

    - Les 60 ans des Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, Palme d'or 1964

    LES PARAPLUIES DE CHERBOURG

    (The Umbrellas of Cherbourg)

    - JACQUES DEMY, LE ROSE ET LE NOIR

    Florence Platarets

    - DOCUMENTAIRES

    FAYE

    Laurent Bouzereau

    - JIM HENSON IDEA MAN

    Ron Howard

    - WALKING IN THE MOVIES

    (Younghwa cheongnyeon dong-ho)

    Lyang Kim

    - JACQUES ROZIER, D'UNE VAGUE À L'AUTRE

    Emmanuel Barnault

    - ELIZABETH TAYLOR: THE LOST TAPES

    (Elizabeth Taylor: les enregistrements perdus)

    Nanette Burstein

    - FRANÇOIS TRUFFAUT, LE SCÉNARIO DE MA VIE

    David Teboul

    - IL ÉTAIT UNE FOIS MICHEL LEGRAND

    (Once upon a time Michel Legrand)

    David Hertzog Dessites

    - COPIES RESTAURÉES

    VIOL EN PREMIÈRE PAGE

    (Sbatti il mostro in prima pagina)

    Marco Bellocchio

    - THE SUGARLAND EXPRESS

    Steven Spielberg

    - CAMP DE THIAROYE

    Ousmane Sembene et Thierno Faty Sow

    - L'ARMÉE DES OMBRES

    (Army of Shadows)

    Jean-Pierre Melville

    - JOHNNY GOT HIS GUN

    (Johnny s’en va-t’en guerre)

    Dalton Trumbo

    - ROSORA A LA 10

    (Rosaura à dix heures)

    Mario Soffici

    - TASIO

    Montxo Armendáriz

    - LA ROSE DE LA MER

    (The Rose of the Sea)

    Jacques de Baroncelli

    - BONA

    Lino Brocka

    - MANTHAN

    (The Churning)

    Shyam Benegal

    - SHANGHAI BLUES

    Tsui Hark

    - QUATRE NUITS D'UN RÊVEUR

    (Four Nights of a Dreamer)

    Robert Bresson


    NAPOLÉON VU PAR ABEL GANCE (1927) - film d'ouverture de Cannes Classics -
    Abel Gance
    1927, 3h40, France

    Présentation de la première partie (3h40) du film restauré d’Abel Gance (de la jeunesse de Bonaparte au siège de Toulon).
    En présence de Costa-Gavras, président de la Cinémathèque française, et de Frédéric Bonnaud, directeur général.

    La projection aura lieu en salle Debussy le mardi 14 mai à 14h.

    CINEMA DE LA PLAGE (programme bientôt complété)

    - Quatre films contemporains y figureront :

    TRANSMITZVAH

    Daniel Burman

    SILEX AND THE CITY

    Jul

    SLOCUM ET MOI

    Jean-François Laguionie

    MY WAY

    Lisa Azuelos et Thierry Teston

    -Deux films d’animation seront proposés au jeune (et moins jeune) public de Cannes 2024 :

    SAUVAGES

    Claude Barras

    ANGELO, DANS LA FORÊT MYSTÉRIEUSE

    Vincent Paronnaud et Alexis Ducord

    COMPETITION IMMERSIVE

    - La nouveauté : la compétition immersive : huit projets incluant des installations de réalité virtuelle collectives, des expériences de réalité mixte, ainsi que des œuvres de vidéo mapping et holographiques. Ces œuvres immersives soigneusement sélectionnées mettent en valeur l'avant-garde de cette nouvelle forme artistique, défiant les conventions établies, adoptant de nouvelles technologies et célébrant de nouveaux artistes ainsi que des figures établies :

    EN AMOUR

    France

    Claire Bardainne, Adrien Mondot, Laurent Bardainne

    EVOLVER

    Royaume-Uni, France, États-Unis

    Première française

    Barnaby Steel, Ersin Han Ersin, Robin McNicholas

    HUMAN VIOLINS: PRELUDE (version multi-utilisateurs)

    Roumanie, France

    Première mondiale

    Ioana Mischie

    MAYA: NAISSANCE D'UNE SUPER HEROÏNE

    Royaume-Uni, États-Unis, France

    Première européenne

    Poulomi Basu, CJ Clarke

    NOIRE

    France, Taïwan

    Tania de Montaigne, Stéphane Foenkinos, Pierre-Alain Giraud

    TELOS I

    Canada, Suède, Danemark

    Première mondiale

    Dorotea Saykaly, Emil Dam Seidel

    THE ROAMING

    France, Luxembourg, Canada

    Mathieu Pradat

    TRAVERSING THE MIST

    Taïwan

    Tung-Yen Chou

    Six œuvres non-compétitives complètent cette Sélection immersive. Celles-ci explorent l'évolution du médium et établissent des parallèles entre la réalité virtuelle, la production virtuelle, le cinéma et la narration collective.

    BATTLESCAR

    France, États-Unis

    Martin Allais, Nico Casavecchia

    EMPEREUR

    France, Allemagne

    Marion Burger, Ilan J. Cohen

    GLOOMY EYES

    Argentine, France, États-Unis

    Fernando Maldonado, Jorge Tereso

    MISSING PICTURES: NAOMI KAWASE

    France, Royaume-Uni, Taïwan, Luxembourg, Corée du Sud

    Clément Deneux

    NOTES ON BLINDNESS

    France, Royaume-Uni

    Arnaud Colinart, Amaury La Burthe, Peter Middleton, James Spinney

    SPHERES

    États-Unis, France

    Eliza Mcnitt

    Le Prix de la Meilleure Œuvre Immersive sera remis lors d’une Cérémonie de Clôture le 23 mai. La Compétition immersive du Festival de Cannes est une nouvelle compétition dédiée aux œuvres immersives, dont la première édition se tiendra du 15 au 24 mai 2024 au Cannes Cineum et à l'Université Côte d'Azur sur le campus de Georges Méliès.

    - PRIX DE La CITOYENNETE 2024

    prix citoyennete Cannes 2024.png

    Chaque année depuis sa création, je vous parle ici de ce prix indispensable qu’est le Prix de la Citoyenneté.  Le samedi 25 mai à 13h30, nous saurons quel film succèdera au lauréat 2023 : Les Filles d'Olfa de Kaouther Ben Hania (un prix et un film dont je vous avais longuement parlé, ici).

    L’association Clap Citizen Cannes, à l’initiative de ce prix,  a été créée en mai 2017 lors du 70ème anniversaire du Festival International du Film de Cannes. Les membres fondateurs sont Line Toubiana, Françoise Camet, Guy Janvier, et Jean-Marc Portolano. Le Président de l’association est Nabil Ayouch. Les Présidents d’honneur sont : Catherine Martin-Zay, Laurent Cantet, et Hélène Mouchard-Zay.

    En 2022, le jury du Prix de la Citoyenneté avait couronné un film iranien, le magistral, suffocant et bouleversant Leila et ses frères de Saeed Roustaee.

    Ce prix met en avant des valeurs humanistes, universalistes et laïques. Il célèbre l'engagement d'un film, d'un réalisateur et d'un scénariste en faveur de ces valeurs. Je vous recommande ainsi les pages passionnantes du site officiel du Prix de la Citoyenneté qui les définissent.

    Les films suivants ont reçu le Prix de la Citoyenneté les années passées : Capharnaüm de Nadine Labaki (2018)Les Misérables de Ladj Ly (2019), Un héros de Asghar Farhadi (2021), Leila et ses frères de Saeed Roustaee (2022). 

    Le Prix célèbre l'engagement d'un ou une cinéaste en faveur des valeurs citoyennes. Il sera remis pour la cinquième fois lors de d’édition du 77ème festival international du Film de Cannes à un film en compétition de la sélection officielle. Son objet est de "distinguer une œuvre de qualité artistique de premier plan qui exalte les vertus de la richesse humaine individuelle et collective, les engagements solidaires en faveur des femmes et des hommes, ainsi que la préservation des ressources de notre planète associées à la défense de la qualité environnementale en faveur des générations futures."

    Le Jury du Prix de la citoyenneté 2024

    Présidente du Jury 2024 :

    Valérie Donzelli (Réalisatrice, scénariste et actrice)

    Entourée de :

    Agathe Bonitzer (Actrice)

    Isabelle Chenu (Journaliste, cheffe du service Culture de RFI)

    Claus Drexel (Réalisateur, scénariste et metteur en scène allemand)

    Frédéric Sojcher (Réalisateur, écrivain et universitaire belge)

  • Critique de L’INNOCENCE de HIROKAZU KORE-EDA

    cinéma, critique, L'innocence, Kore-eda, Festival de Cannes, Festival de Cannes 2023, compétition officielle

    Kore-eda, habitué de Cannes, avec ce 16ème long-métrage, figurait cette année pour la 7ème fois en compétition officielle. Il a reçu également plusieurs fois les honneurs du palmarès avec : Nobody Knows, en 2004 (Prix d'interprétation masculine pour Yûya Yagira), Tel père, tel fils en 2013 (Prix du jury) et Une affaire de famille en 2018 (Palme d'or).

    Dans Une affaire de famille, Kore-eda nous dépeignait les membres d’une famille qui, en dépit de leur pauvreté, survivaient de petites rapines qui complétaient leurs maigres salaires, et semblaient vivre heureux, jusqu’à ce qu’un incident révèle brutalement leurs plus terribles secrets. Ce film représentait la quintessence de son cinéma, clamant dès son titre ce thème présent dans chacun de ses longs-métrages : la famille. Un film d’une sensibilité unique et des personnages bouleversants sur des blessés de la vie que la fatalité, la pauvreté et l’indifférence allaient conduire à la rue et réunir par des liens du cœur, plus forts que ceux du sang. Une peinture pleine d’humanité, de nuance, de poésie, de douceur qui n’édulcore pas pour autant la dureté et l’iniquité de l’existence. Comme un long travelling avant, la caméra de Kore-eda dévoilait progressivement le portrait de chacun des membres de cette famille singulière, bancale et attachante, pour peu à peu révéler en gros plan leurs âpres secrets et réalités. Kore-Eda, plus que le peintre de la société japonaise, est ainsi celui des âmes blessées et esseulées.

    Lors de la conférence de presse d’Une affaire de famille, le cinéaste avait déclaré : « À chaque fois, je reviens avec une nouvelle équipe, à chaque fois c'est une nouvelle expérience, il y a toujours ce plaisir renouvelé d'une expérience qui n'est jamais la même et se prolonge ».

    Après Les bonnes étoiles avec lequel Kore-Eda nous embarquait dans un road-movie entre Busan et Séoul, cadre sublimé par une magnifique lumière (scènes inondées de lumière du bord de mer, magnifiques !), une mise en scène, un souci du cadre toujours très inspirés, dans lequel le cinéaste regardait ses personnages avec une tendresse qui contrebalançait la violence sociale à laquelle ils étaient confrontés, le cinéaste japonais revient dans son pays d’origine et, comme il le disait lors de la conférence de presse d’ Une affaire de famille, chacun de ses films est une nouvelle expérience d’autant plus avec celui-ci pour lequel le producteur Genki Kawamura l’a contacté en 2019 pour un projet de long métrage écrit par Yuji Sakamoto qui souhaitait que le film soit réalisé par Kore-Eda qui, de son côté, a souhaité travailler avec le scénariste estimant ne pas savoir écrire un scénario comme lui.

    Tout cela commence par un incendie, une musique légèrement dissonante (sublime ultime bo de Ryuichi Sakamoto) puis une mère et son fils, Minato, depuis leur balcon, qui observent la scène, complices. Sa mère, qui l’élève seule depuis la mort de son époux, décide de confronter l’équipe éducative de l’école de son fils. Tout semble désigner le professeur de Minato comme responsable des problèmes rencontrés par le jeune garçon. Mais au fur et à mesure que l’histoire se déroule à travers les yeux de la mère, du professeur et de l’enfant, la vérité se révèle bien plus complexe et nuancée que ce que chacun avait anticipé au départ... Le comportement de Minato qui semble dévoré de l’intérieur par un étrange « monstre » semble de plus en plus étrange : il se coupe les cheveux en rentrant de l’école, se met en péril, disparaît…

    C’est la première fois, depuis son premier long métrage en 1995 que Kore-eda réalise un film dont il n’a pas écrit le scénario même s’il a contribué aux recherches sur place pour développer le script dont l’intrigue se déroule à Suwa, dans la préfecture de Nagano. Et quel scénario ! Au-delà de la réalisation, toujours très inspirée, signifiante et juste, c’est ici la grande force du film. D’apparence classique, il se révèle aussi limpide que labyrinthique pour nous ramener à la sortie du tunnel (au sens propre comme au sens figuré), et à la source du secret qu’il traque comme dans un polar, celui des mystères de l’adolescence mais aussi de la fausse innocence de certains adultes.

    Un film qui pose un regard sans concessions sur la société japonaise, sur ses arrangements avec la vérité, sur son hostilité à la différence, sur sa dureté. Mais aussi un portrait tout en nuances de l’enfance et de sa cruauté. Ce film est comme une vague aussi, qui vous emporte, ramène vers le rivage, puis emporte plus loin encore pour vous faire complètement chavirer, d’émotions, et d’admiration devant une telle virtuosité, une telle sensibilité pour aborder la confusion des sentiments, les premiers émois, la complexité de la vérité aussi, sa pluralité même.

    Un film doux sur la rugosité des êtres et de la société japonaise, poétique tout disséquant la réalité, et à nouveau un film sur des blessés de la vie. Un film qui irradie de beauté comme ce dernier plan dont la lueur répond aux flammes du premier. Une perfection d’écriture, d’interprétation, de sensibilité.

    Monster. Tel était le titre de la version originale qui, dans la version française, a été traduit par L’innocence. En la juxtaposition de ces deux titres résident le secret du film et sa richesse. Ces deux titres et leur dualité font écho à cette scène de la directrice d’école qui, d’apparence impassible et stoïque et surtout si inoffensive, fait un croche-pied à un enfant qui court dans un supermarché. 

    Ce film m’a rappelé le film de Lukas Dhont, Close (également présenté en compétition à Cannes, en 2022) là aussi d’une maitrise (de jeu, d’écriture, de mise en scène) rare, empreint de poésie avec ce regard final qui ne nous lâchait pas comme l’émotion poignante, la douce fragilité et la tendresse qui parcourent et illuminent ce film, et qui résonnait comme un écho à un autre visage, disparu, dont le souvenir inondait tout le film de sa grâce innocente.

    C’est cela, la beauté du cinéma que magnifie ce nouveau film de Kore-eda : sonder la complexité des êtres, nous perdre pour mieux nous aider à trouver une vérité, nous trouver aussi parfois, nous éblouir pour nous éclairer. Et nous bouleverser.

    L'Innocence a obtenu le Prix du Scénario ainsi que la Queer Palm au Festival de Cannes 2023.

  • Mon nouveau roman "La Symphonie des rêves" (Éditions Blacklephant - 26/10/2023) : présentation

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    Je suis particulièrement heureuse de vous dévoiler la couverture et la quatrième de couverture de mon nouveau roman intitulé La Symphonie des rêves, publié par les Éditions Blacklephant, disponible en librairie à partir du 26 octobre 2023, et dès à présent en précommande, en librairie et sur les plateformes. Ce roman, comme le personnage qui figure sur cette photo, regarde vers la lumière, vers l'horizon, vers l'ailleurs. Il vous fera ainsi voyager en France, en Grèce et en Italie. Découvrez la page des Editions Blacklephant consacrée à La Symphonie des rêves, ici.
     
    Mon premier roman, qui évoquait un deuil insurmontable, était une plongée dans un gouffre infernal. Celui-ci, au contraire, chemine de l’ombre vers la lumière.
     
    J’ai commencé à écrire ce roman pendant le deuxième confinement, avec pour objectifs de m'évader, de me griser d’espoirs extravagants, de donner envie de croire en des émotions qui égarent parfois et enfièvrent et transportent. 
    J’espère que ce roman sera cela aussi pour vous : une échappée belle, une fugue joyeuse, une invitation à l'audace de rêver.
     
    Cette consolante contrée qu’est la musique, qui bouscule et relie ici les destins de mes personnages, a suscité l’idée de ce roman dans lequel il est aussi beaucoup question de cinéma, forcément. Il vous conduira ainsi notamment au Festival de Cinéma et de Musique de Film de La Baule et au Festival de Cannes.
     
    Pourquoi écrit-on ? 
    Pourquoi s'obstiner à lutter contre le silence, ses doutes et ses maux?
    À vouloir dompter les phrases et des destinées fictives ? 
    Je ne cesserai de m’interroger sur cette légitimité, en revanche pas sur ma passion viscérale et vitale pour l’écriture, en revanche pas sur cette nécessité impérieuse de raconter et entrelacer des destins, d’esquisser des âmes ébréchées, de jongler avec les mots, d'insuffler de la beauté dans la laideur, de tenter de me faufiler dans des interstices de vérité à travers la fiction. 
     
    Je remercie l'équipe de ma nouvelle maison d'édition pour l’écoute, la confiance, l’enthousiasme, la bienveillance. Je suis heureuse que le coup de foudre ait été réciproque. Pour faire retentir cette Symphonie, je n'aurais pu trouver mieux que Blacklephant éditions  dont les valeurs s'accordent si bien avec ce roman qui aspire à exalter la force des rêves.

    littérature, cinéma, musique, musique de film, La Symphonie des rêves, Sandra Mézière, roman, littérature, livre, Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, Festival de Cannes, Grèce, Italie, Athènes, Venise, Trouville, Paris, Dinard, Beaune, Cannes, Vouliagmeni, Hydra

     
    Je vous donnerai prochainement les dates des séances de dédicaces en librairies et salons du livres. Vous pouvez d'ores et déjà noter celle de la Fnac de Laval le samedi  4 novembre 2023 à 15h et à la Librairie du Marché de Deauville pendant les vacances de Noël (date précisée prochainement).
    J'espère que cette Symphonie résonnera en vous…